On n’humanise pas ce qui est inhumain ! On ne peut humaniser les centres fermés pour étrangers, on doit les supprimer !
Le ministre de l’Intérieur Patrick Dewael a organisé des tables rondes pour humaniser les centres fermés pour étrangers : enseignement pour les enfants, alphabétisation pour les adultes, renforcement des équipes de psychologues et d’éducateurs… Nous vous appelons à manifester, pour lui répondre que l’on ne peut humaniser ces centres : ils ne sont rien d’autre qu’une négation des droits humains les plus élémentaires ! La violence y est banalisée : il s'agit de centres de rapatriement qui ont comme fonction de préparer l'expulsion et de briser toute résistance à celle-ci. Ainsi chaque jour des personnes qui se rebellent sont mises en isolement et au cachot. La veille d'une tentative d'expulsion, les personnes sont systématiquement placées au cachot. Des personnes désespérées en arrivent à des tentatives de suicide, elles aussi se retrouvent au cachot... Chaque jour également à l'aéroport de Bruxelles National, les expulsables sont menottés aux poignets, éventuellement "saucissonnés", càd ont tout le corps ligoté pour pouvoir être embarqués de force dans l'avion, avec parfois un casque de kick-boxing sur la tête pour amortir les coups... Les coups sont portés sur tout le corps, comme en attestent de nombreux certificats médicaux établis et plaintes déposées...
Fin novembre 2006 quatre gardiens du centre fermé de Vottem ont dénoncé dans les médias d’autres graves maltraitances, en particulier le sort réservé aux personnes détenues malades ou atteintes de troubles psychiatriques : placement en isolement au cachot, sans soins, pendant des jours, voire des semaines! Aujourd’hui ce sont deux infirmières qui témoignent d’injections de neuroleptiques dangereux pour calmer les « résidents » - cela s’ajoute à l’administration de « tranquillisants » par voie orale, déjà connue-. Elles sont soutenues par une école d’infirmières qui s’associe à la plainte et refuse dorénavant d’envoyer des stagiaires à Vottem !
Faut-il rappeler que dans les centres fermés pour étrangers se trouvent des personnes qui n'ont commis aucun délit, mais que ces centres ne sont que des prisons déguisées ? Que des enfants sont détenus et souffrent, que la Belgique ne respecte pas la Convention des Droits de l'Enfant ? Que l'actuelle politique restrictive en matière d'asile et d'immigration signifie l'expulsion vers la dictature, la guerre, la misère... au mépris des attaches qui ont été créées en Belgique.
Le gouvernement belge, comme ceux d'autres pays de "l'Europe forteresse", en refusant le droit au séjour ne laisse d’autre choix que celui de la clandestinité. En effet, celle-ci résulte de l’échec des différentes demandes d’établissement, ou de l’absence de demande par peur des centres fermés et des expulsions. La clandestinité, c'est la précarité, et souvent l'exploitation, par différents réseaux de patrons peu scrupuleux, de marchands de sommeil…Face à cette situation, l’urgence de la mise en œuvre d’une politique de régularisation s’impose !
CRACPE (Collectif de Résistance Aux Centres pour Etrangers)
http://www.cracpe.tk
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