CeMAB :: Etudiants et sans-papiers, « solidarité »

www.indymedia.org
printable version - email this article

Etudiants et sans-papiers, « solidarité »
by Comité d'Actions et de soutien ULB Friday, Apr. 25, 2008 at 10:04 AM

A l’appel de l’UDEP et du Comité d’Actions et de soutien, une centaine de manifestants, dont une moitié d'étudiants de l'ULB, qui réclamaient une régularisation des sans-papiers en Belgique et une position politique de l'Université libre de Bruxelles sur la question de l'immigration, ont perturbé à partir de 14 heures le trafic automobile avenue Franklin Roosevelt à Bruxelles.

A l’appel de l’UDEP et du Comité d’Actions et de soutien, une centaine de manifestants, dont une moitié d'étudiants de l'ULB, qui réclamaient une régularisation des sans-papiers en Belgique et une position politique de l'Université libre de Bruxelles sur la question de l'immigration, ont perturbé à partir de 14 heures le trafic automobile avenue Franklin Roosevelt à Bruxelles. Les manifestants ont organisé un barrage et distribué des tracts aux automobilistes. Le cortège avait manifesté préalablement sur le campus universitaire de l'ULB, devant le rectorat, avant de se diriger vers l'avenue Franklin Roosevelt. Les manifestants ont décidé de mener une action sur la voie publique car ils n'ont pu être reçus par le recteur de l'ULB, qui était indisponible à cette heure-là. Lundi les sans-papiers étaient venus soutenir les étudiants rassemblées en Assemblée Générale dans leur lutte contre le plan stratégique du recteur et mardi 29 avril 2008, l’UDEP et le Comité d’Actions et de soutien appellent à une manifestation devant l’Office des étrangers. D’autres actions sont à venir afin de briser la « loi du silence » qui pèse sur cette occupation.

Atermoyant une fois de plus, les autorités de l’ULB ne veulent pas prend de position politique, tout au plus, on parle d’un accueil « symbolique », ailleurs on parle de « soutien de principe ». Il s’agit là d’attitudes attentistes qui n’engagent à rien. Le surgissement de sans-papiers au cœur de l’ULB est là, comme quelque chose d’insupportable et d’insupporté. Probablement l’université préfère donner la parole aux docteurs honoris causas et autres représentants de la misère des autres. Or nous savons que constituer l’autre en « victime » puis parler d’elle, est encore une manière de prendre le pouvoir ; celui, sournois, de la « délégation » ; pouvoir du porte-parole, de l’intellectuel qui croit de son devoir de porter la parole de ceux qui n’y ont pas droit. A cela nous opposons une politique où l’indignité de parler pour les autres fait droit pleinement à la parole de ceux qui n’ont pas part à la parole et donc à la parole des « sans-papiers ».

Depuis longtemps, l’ULB calque sont fonctionnement sur celui d’une entreprise, à chaque question politique qui se pose, elle n’a rien d’autre à proposer qu’une gestion de la crise. Les résignés essayerons toujours de nous enfermer dans des alternatives infernales qui postulent dans une même phrase que si on ne sélectionne pas les meilleurs étudiants on ne pourra pas « offrir » un enseignement de qualité, que si on ne rationalise pas l’offre des cours l’ULB ne sera plus compétitive, que l’ « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » sans que jamais ne puisse se poser, pour elle-même, la question de la production de la misère. Il nous apparaît clair que c’est en détourant le regard de cet horizon qu’une lutte pourra enfin poser de vraies questions, c’est-à-dire des questions qui engagent au-delà d’un simple « plan stratégique ».

add your comments