CeMAB :: Affiche: Braquons l 'existant

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Affiche: Braquons l'existant
by A Monday, May. 03, 2010 at 2:14 PM

nouvelle affiche en format A2. Trouvable dans les endroits anti-autoritaires.

Affiche: Braquons l'...
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BRAQUONS L’EXISTANT

Nous n’attendons plus rien de cette société. Ce qu’elle nous impose nous dégoûte ; ce qu’elle nous offre ne nous intéresse pas. Nous ne voulons plus succomber à la routine du travail pour gagner quelques miettes en échange de notre obéissance ; nous ne voulons plus avoir comme seuls rêves ce que la télévision nous montre.

Ils nous ont déjà tués des milliers de fois. A l’école, où ils nous ont inculqué que suivre le troupeau est mieux que de créer obstinément son propre chemin. Au travail, où les rythmes de la production et les exigences de l’argent étouffent le battement de nos cœurs qui aspirent à la liberté. A la maison, où les antidépresseurs et la tradition familiale nous noient dans l’habitude de la résignation. En prison ou centre fermé, où la société nous confirme que nous sommes indésirables. A l’église, la mosquée ou la synagogue, où la promesse d’un paradis en échange d’une morale autoritaire fait oublier que c’est que dans le présent que nous vivons. Cette société aime la mort et refoule la vie.

Cette société tient tout le monde en laisse; la seule différence, c’est la longueur. Nous ne sommes pas de ceux qui se battent pour un collier moins serré, un salaire plus élevé, une police moins brutale, des politiciens et des patrons plus soucieux et honnêtes. Nous voulons simplement ce que tout être tenu en laisse devrait avoir à cœur : nous voulons la couper, foutre le feu à la cage, écraser tous ceux qui nous tiennent ou voudraient nous tenir en laisse.

Ce déchaînement de la passion pour la vie n’est pas un grand moment final à attendre patiemment ; il est quotidien et s’intensifie à mesure qu’il incite et se diffuse. Peut-être est-il parfois confus, ne sachant pas toujours où frapper pour briser les chaînes de l’esclavage et de l’adhésion, mais il est vivant. La révolte, ce cri de vie contre une société de morts, s’exprime des milliers de couleurs d’un arc-en-ciel : des attaques contre les polices qui quadrillent les rues aux atteintes à la sacro-sainte propriété, des sabotages de structures de la domination comme les banques, les intérims, les supermarchés, les institutions en tout genre aux refus clairs et nets de se laisser contrôler, humilier, enrégimenter.

La révolte ne relève pas du simple dégoût, mais parle aussi de joie. La joie d’affirmer que malgré tout, nous sommes vivants. Que malgré l’aliénation régnante, nos chemins de révolte se croisent encore et que les possibilités de tisser des liens de complicité ne sont jamais entièrement anéanties.

Dans la fureur de l’action, nous forgeons, petit à petit, nos rêves d’un monde sans maîtres et sans esclaves. L’attaque est nécessaire car elle crée des fissures, mais ce sont les désirs qui sapent l’édifice social.

Que souffle le vent de la liberté.
Que se déchaîne la tempête de l’insurrection.


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traduction en italien
by kh Saturday, May. 08, 2010 at 11:16 AM

braquons l'existant en italien: http://www.non-fides.fr/?Aggrediamo-l-esistente

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in english
by tiqqunista.jottit.com Sunday, Jun. 06, 2010 at 12:51 AM

RIP OFF THE EXTANT

We don't expect anything from this society anymore. What it imposes on us disgusts us; what it offers us doesn't interest us. We don't want to submit anymore to the routines of work just for a few crumbs in exchange for our obedience; we don't want our only dreams to be whatever television shows us. 

They've already killed us thousands of times. In school, where they pound into our heads the idea that just following along with the flock is better than stubbornly believing in going your own way. At work, where the rhythms of production and the exigencies of money suffocate our beating hearts aspiring to freedom. At home, where antidepressants and family traditions drown us in the habit of resignation. In prisons or detention centers, where society confirms our status as undesirables. In churches, mosques or synagogues, where the promise of a paradise purchased in exchange for an authoritarian morality makes us forget that we live in the present. This society is in love with death and represses life. 

This society has the whole world on a leash; it's just a little longer sometimes. We're not the kind to fight for a looser collar, a higher wage, a less brutal police force, more honest and concerned politicians. We just want what any being held on a leash wants: we want to cut the leash, set the fucking cage on fire, and crush everyone that'd tried to keep us on that leash, or would like to.

This explosion of passion for life isn't some great final moment to patiently await; it's a everyday thing, and it gets more and more intense as it accelerates and spreads. Maybe it's confused sometimes, not always knowing where to strike so as to break the chains of slavery to and membership in all this, but it's alive. Revolt, the scream of life against a society of the dead, expresses itself in thousands of rainbow colors: from attacks on the police that section off our streets, to injuries inflicted on oh-so-sacrosanct property; from sabotage against the structures of domination like banks, temp agencies, supermarkets, and institutions of all kinds, to clear and plain refusals to let ourselves be controlled, humiliated, regimented. 

The revolt isn't simply about disgust; it's also about joy. The joy of affirming that in spite of all we are ALIVE. That in spite of the reigning alienation, our pathways of revolt are still crossing, and the possibility of building ties of complicity are never entirely annihilated. 

In the furore of action, we forge our dreams of a world without masters or slaves, little by little. They'll necessarily be attacked because they create fissures; but desires are what undermine the social edifice. 

May the winds of freedom blow.
May the tempest of insurrection rage.

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